Princes de Bretagne

Le changement climatique change la saisonnalité des productions et les rendements. Les effets les plus délétères portent en général sur des pertes de production. La sécheresse-sans eau- affaiblit les récoltes. Dans certains départements du sud-ouest comme le Gers, les quantités de céréales produites à l’hectare diminuent de l’ordre de 30%. Dans d’autres régions où les hivers sont plus doux, c’est la surproduction qui change le modèle économique. La coopérative SICA installée en Bretagne est confrontée à des facteurs de surproduction sur son produit star, le choux fleur Prince de Bretagne. Avec des températures élevées pour un hiver, les quantités produites augmentent de presque 20 % et provoquent un effondrement des prix, suivant en cela les lois d’airain de l’offre et de la demande.

Les prix des produits maraichers de saison se sont effondrés et les producteurs se demandent comment tirer un revenu décent de leurs productions. De surcroît, ils sont confrontés pour certains à une concurrence étrangère féroce, associée à des normes environnementales moins rigoureuses et à des coûts de main d’œuvre plus faibles. S’y ajoute depuis peu cet inquiétant phénomène de surproduction.

Les politiques publiques nous recommandent de consommer 5 fruits et légumes par jour. Question de santé publique nous dit-on. Mais si les productions maraichères ne rémunèrent pas suffisamment les agriculteurs, que se passera-t-il ? Les agriculteurs se tourneront vers des cultures plus rémunératrices et la filière française fruits et légumes pourtant d’intérêt général finira par se rétrécir au risque d’exposer les consommateurs français à des importation beaucoup moins vertueuses, celles-là même que la France a souhaité interdire au nom des grands principes de protection de la santé des Français ! 

 

Pascal Perri