Ce que nous apprend le Salon de l’agriculture 2026
La scène s’est déroulée sur un stand du Salon de l’agriculture. Les professionnels des Grandes cultures accueillent le Premier ministre. Les échanges sont vifs : simplification, moyens de production (eau-semences-phytos), les professionnels du secteur expliquent ce que nous savons tous… les conditions de production sont compliquées, les agriculteurs sont sous surveillance permanente, le changement climatique impose des adaptations, nous n’utilisons pas toutes les ressources de la science… Le Premier ministre écoute mais entend-t-il ? Ses réponses sont laconiques. Lui qui est d’habitude si nature semble gêné. En fait, comme beaucoup des responsables politiques de ce pays, M. Lecornu est sous l’influence des Verts et des ONG. Qu’importe la science, ce qui compte c’est l’opinion. Qu’est ce qu’on pourra bien dire de moi ? Nous avons entendu d’anciens ministres nous expliquer qu’on ne pouvait pas ignorer les deux millions de signatures contre la loi Duplomb ! Mais comment se décide la vérité scientifique dans ce pays ? A main levée ou dans les académies scientifiques ?
Il faut comprendre le désarroi des agriculteurs français et mesurer l’insondable légèreté des calculs politiques de nos dirigeants. Quoi qu’il en soit M. Lecornu, les électeurs des Verts et les activistes des ONG vertes ne vous donneront jamais leur voix ! Vous n’en ferez jamais vos amis car ils trouveront toujours que vous n’en faites pas assez. Vous voulez vous attirer leurs bonnes grâces ? Vous-vous trompez et en même temps vous condamnez l’agriculture française à la Deuxième division. Double échec. A force de renoncements et de petites lâchetés la France perd ses galons de première puissance agricole d’Europe. La souveraineté alimentaire, ambition du pouvoir actuel se noie dans ses voltefaces, dans la lenteur de ses mesures et dans l’incohérence de ses choix scientifiques.
Depuis quelques jours, une guerre se développe autour du détroit d’Ormuz par lequel transitent 30% des engrais produits dans le monde. L’autre partie vient de Russie. Deux impasses pour le monde agricole et une perspective d’augmentation des coûts de production. C’est un mauvais coup de plus pour les productions agricoles françaises. La situation appelle des mesures rapides et volontaristes. Nous n’avons pas les moyens d’attendre 2027 !
Pascal Perri